Véritable plongée dans une époque riche en découvertes, les lettres de Freud nous font subtilement entrer dans l’univers des sciences du 19ème siècle où les médecins pratiquaient leurs expériences sur eux-mêmes et leurs proches collaborateurs, où de nombreuses grandes découvertes étaient sur le point d’être révélées, et où Strauss, Gilles de la Tourette, Freud et bien d’autres se côtoyaient au cours de somptueuses réceptions organisées dans la demeure de l’éminent Charcot.
Nous sommes en 1886, Freud est alors un jeune chercheur passionné et ambitieux qui s’intéresse de près à une plantes aux vertus stupéfiantes : la coca et sa feuille en particulier qui, mâchée, apaise la faim et redonne de l’énergie aux plus mal en points. Source d’information non négligeable sur les pratiques médicales de l’époque, on assiste aux débuts prometteurs de celui que plus tard on nommera le père de la psychanalyse… grâce à la coca ? Quoiqu’il en soit, parce qu’il l’étudie et l’utilise, celle-ci saura lui faire vaincre sa propre fatigue et timidité et lui « délier la langue » lors de conversations entre grands hommes. Ainsi au cours de l’une d’elles…
« Seriez-vous le docteur Freud de Vienne ? Je le connais depuis longtemps pour ses travaux, tout particulièrement ceux sur la cocaïne. »
… Si Knapp, grand ophtalmologue de New-York surprend Freud par ces mots et dit de lui à qui veut l’entendre qu’il est le précurseur des recherches dans le domaine, ce n’est en fait pas un hasard. Dès 1884, le jeune médecin avait publié une étude sur la coca intitulé « A propos de la coca » qui due d’ailleurs être réimprimée l’année suivante du fait de la forte demande. Décrivant la plante et son histoire, Freud nous apprend dans cette étude qui fait suite aux lettres à Martha, les effets bénéfique de ce produit, anesthésique local, qu’il préconise dans les désintoxications des morphinomanes et alcooliques, mais également à qui il confère un rôle de stimulant, prévenant les troubles de l’estomac ou encore l’asthme et ayant mêmes des vertus aphrodisiaque !
« […] seul Schroff père considère la cocaïne comme un narcotique et le met sur le même plan que l’opium et le cannabis, tandis que presque tous les autres la rangent avec la caféine. »
Tout au long de l’année 1885, Freud va multiplier ses écrits et interventions pour rendre compte des pouvoirs de cette plante et de ses dérivés tout en prévenant des éventuels méfaits comme l’accoutumance si on l’utilise à mauvais escient. Mais le débat gronde quant à l’utilisation de cette plante et les articles mettant en cause la cocaïne et les dangers de ses effets pleuvent. Freud cependant, défendra sans concessions ses positions, faisant de lui un des personnages majeurs dans le débat sur la cocaïne en même temps qu’il s’extrait à grands pas de l’anonymat !
Un ouvrage de belle facture.
Envoutant, captivant, amusant.
Un texte qui nous ramène aux prémices des grandes découvertes.










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