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Dans le sillage des orques
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Auteurs : Jean-Pierre Sylvestre (Auteur), Sylvain Mahuzier (Préface)
Editions : Editions Kameleo
Collections : Découverte

Parution : 02 juin 2006
Pagination : 163 pages
Format : 250 x 288 x 18 mm

ISBN : 9782350950044
Prix : 24 €
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Dans le sillage des orques
L’orque. Fauve sanguinaire des profondeurs pour l’Occident. Animal symbolique, mythique et parfois divin pour les sociétés pré-colombiennes, amérindiennes ou d’Extrême-Orient. Alors l’orque, « Bandit des mers », « baleine meurtrière », ou puissance de la nature, « forme animale de notre monde » ? A suivre donc Dans le sillage des orques…

Généalogie de l’orque


L’auteur de cet ouvrage, Jean-Pierre Sylvestre, spécialiste des mammifères marins aborde le sujet par son aspect le plus complexe : l’histoire évolutive de l’orque. Complexe car nécessitant parfois quelques notions en matière de sciences naturelles et de classification des espèces. Mais fortement documenté et richement illustré, le texte éclaircit notre lanterne et nous plonge dans l’univers marin du cétacé.

Un squelette qui s’apparente à celui des mammifères terrestres, d’abord. Un ancêtre commun des cétacés, qui serait un quadrupède à fourrure, semi-aquatique, ensuite. Pakicetus vivait il y a 50 millions d’années et était déjà pourvu du conduit auditif des cétacés. Au fil du temps : les membres postérieurs ont disparu, les narines se sont déplacées pour devenir des évents, la tête et le corps se sont rallongés. Les premiers cétacés apparaissent : classés dans l’ordre des Archéocètes, lui-même divisé en deux familles. Les Protocétidés, donc, et surtout les Basilosauridés, ancêtres directs des cétacés, à partir duquel se développèrent les deux sous-ordres actuels : Mysticètes (cétacés à fanons – baleines, rorquals) et Odontocètes (cétacés à dents – dauphins, marsouins, orques, etc.). Les premières traces d’Odontocètes dateraient d’environ 30 millions d’années. Signes distinctifs : un évent unique, cinq doigts dans l’ossature des pectorales, une taille des mâles supérieure à celle des femelles. Parmi les Odontocètes, on compte 73 espèces, classés en 32 genres et en 10 familles. L’orque, ou épaulard, appartient à la famille des Delphinidés, et à la sous-famille des Globicéphalinés. Elle vit dans toutes les mers du monde, avec toutefois une préférence pour les eaux froides et tempérées, grouillantes de poissons et de mammifères marins. Des distinctions morphologiques et/ou pigmentaires peuvent apparaître selon leur appartenance géographique.


Anatomie de l’orque


L’auteur nous détaille ensuite la morphologie de l’orque, à grand renfort de planches anatomiques, de dessins explicatifs, de photographies éloquentes. Et l’épaulard ne faillit pas à sa réputation. Il cumule les superlatifs : le plus grand, le plus rapide, le plus fort…

L’épaulard est en effet le plus grand des Delphinidés et arbore sa robe tel un blason héraldique : de noire tachetée de blanc (entre la mâchoire inférieure et le ventre et au-dessus des yeux) et de gris (derrière l’aileron dorsal). L’épaulard est le plus rapide aussi, grâce à une morphologie unique adaptée à son environnement aquatique. Sa structure squelettique est simple, légère et efficace. Son crâne est robuste et allongé. 10 à 14 dents, de 12 à 14 cm, composent chaque demi-mâchoire. Elles harponnent, déchiquètent, broient. Son corps est hydrodynamique, robuste, élancé et fuselé. Taillé pour la nage. La structure lisse de la peau facilite ses déplacements. L’orque peut atteindre des pointes de 30 nœuds (55 km/h). Chacune de ses nageoires joue un rôle spécifique : la nageoire dorsale sert de stabilisateur, les pectorales de gouvernail et de thermorégulateur, la caudale de « moteur ».


Adaptation de l’orque


Jean-Pierre Sylvestre poursuit son propos en explorant les qualités d’adaptation de l’orque. L’ensemble de sa physionomie concourt en effet à une excellente approche de son environnement. Quant à ses sens, ils se révèlent plus ou moins développés, mais leur potentiel n’est pas encore complètement connu.

Comme tout mammifère, l’orque conserve une température interne constante par rapport à son milieu extérieur. Isolant efficace, sa couche de lard contribue à limiter les pertes de chaleur à la surface de la peau tandis qu’un système de vasoconstriction et de vasodilatation lui permet de réguler sa température au niveau des extrémités du corps. L’orque doit régulièrement faire surface pour s’oxygéner. Elle expire le gaz carbonique par son évent en émettant un nuage de vapeur, le souffle. Puis elle renouvelle l’air de ses poumons, et ce, en plusieurs émersions. Pour enfin plonger jusqu’à une vingtaine de minutes et atteindre des profondeurs de 300 m. Son système sanguin et cardiaque témoigne d’une parfaite adaptation au monde abyssal. Les sens de l’orque sont diversement développés. Son toucher est particulièrement sensible et l’animal semble apprécier caresses, frottements, effleurements… En revanche, son odorat est peu marqué. L’orque ne mâche pas, elle avale directement ses proies, pour autant il n’est pas certain que son sens gustatif soit totalement absent. Des orifices quasi invisibles manifestent de la présence d’oreilles, internes, conçues pour résister aux pressions acoustiques sous-marines et accentuer la perception des ultrasons. Sa vue est adaptée au milieu et à la pression subaquatiques. Utilisée notamment en surface, la tête hors de l’eau : l’orque observe les alentours (spyhooping). Toutefois, pour se déplacer dans l’obscurité, l’orque émet des sons, sifflements, grincements, claquements, couinements, cris : elle « visualise » ainsi son environnement. Les sons de basse fréquence servent à communiquer. Les sons de haute fréquence servent à l’écholocation (principe du sonar), utile pour la chasse.


Vie de l’orque


Quel mode de reproduction ? Quelles relations entre individus ? Quelle alimentation ? Quelles menaces ? L’ouvrage investit toutes ces thématiques, répond aux interrogations, exposent des sujets d’étude.

« Ce sont des Mammifères placentaires vivipares à fécondation interne ». Leur maturité sexuelle est lisible plutôt en fonction de la taille que de l’âge. Le lien mère/petit est très intime : le veau est allaité pendant 12 mois. Le lait absorbé lui permet de reconstituer sa couche de graisse. Les jeunes quitteront leur mère au bout de 2 ou 3 ans, mais parfois, ceux-ci restent auprès d’elle toute leur vie. Les orques sont des animaux grégaires : elles vivent et se déplacent en groupe. Un exemple illustre ce mode de vie en communauté. Il s’agit de recherches effectuées sur l’orque en 1973, autour de l’île de Vancouver, au Canada. Quatre groupes furent étudiés : deux populations résidantes (l’une au nord, l’autre au sud de l’île), une population nomade (autour de l’île), et une pélagique (vivant en haute mer). Chacune possède son propre langage, sa propre alimentation mais observe la même organisation matriarcale. Les orques se déplacent en communauté comptant 5 à 20 individus. Les interactions sociales s’élèvent à plusieurs niveaux, suivant le nombre d’animaux et le dialecte (groupe matriarcal, sous-tribu, tribu, clan, association). L’orque communique de deux façons. « Elle saute avec puissance, se laisse retomber sur les flancs, se dresse hors de l’eau, ou frappe avec sa caudale ». Ces postures manifesteraient son excitation et ces sauts permettraient de signaler sa position à son troupeau. La communication fait partie intégrante de leur mode de vie. Les sons proviennent de leur système respiratoire et non des cordes vocales : elles n’en possèdent pas. L’orque ne connaît pas d’ennemis. Hormis l’homme. Cette redoutable chasseresse avale principalement des poissons et des mollusques, mais aussi des petits mammifères marins (phoques, marsouins, dauphins…). Très rarement de grands cétacés comme les baleines ou les rorquals. Le comportement alimentaire varie géographiquement. Les tactiques de chasse s’adaptent en fonction des proies : l’attaque en groupe pour les animaux de grandes tailles, la neutralisation par asphyxie, l’attaque silencieuse par surprise, l’attaque par la ruse, le rideau de bulles…. Les tentatives opposées par les proies pour parer ces agressions sont rares, et plus ou moins efficaces. Toutefois, l’existence même de l’orque subit les conséquences des actions peu écologiques des hommes, telles que la surpêche ou la pollution. Ses habitudes alimentaires en sont d’autant plus perturbées et modifiées. De plus, plusieurs échouages massifs d’orques ont été constatés. Les raisons en seraient multiples. Malgré tout, l’espérance de vie de l’épaulard est la plus longue parmi les delphinidés : une trentaine d’années en moyenne pour les mâles, une cinquantaine pour les femelles.


Hommes et Orques


Pour finir, l’auteur relie l’histoire de l’homme à celle du cétacé.

Relation à travers la pêche tout d’abord. Puisque l’orque fut l’objet de la convoitise des baleiniers. Les Norvégiens, les Russes mais aussi les Japonais s’intéressèrent à son huile, à sa chair pour la consommation ou pour la production de fertilisant et d’appâts. Mais l’orque fut aussi l’objet du courroux des pêcheurs, car accusée, souvent à tort, de déchirer les filets, d’effrayer ou de voler les poissons. Relation à travers les parcs d’attraction ensuite. Puisque l’orque se révélait être particulièrement intelligente. Et docile, qui plus est. A partir des années 1960/1970, les captures se multiplièrent et devinrent un commerce lucratif. Et certaines populations diminuèrent. Jusqu’à ce que des lois décident de leur sort. En 1997, 54 orques captives comptaient parmi les océanoriums du monde entier. Et l’orque devint populaire. Même en Occident. Sa cote pouvait atteindre un million de dollars en 2002… Si l’orque tient la vedette dans les parcs d’attraction, elle peut être également un bon petit soldat. Elle pouvait jouer le rôle sentinelle ou avoir été dressée à l’attaque de plongeurs ennemis. L’armée américaine continue de l’exploiter. Relation à travers les naturalistes, les océanologues, les plongeurs et les marins également. Ils ont rencontré l’orque. Tous témoignent d’êtres curieux et pacifiques. Certaines, parfois, se lient « d’amitié » avec les hommes. Ce sont des « orques ambassadrices ». Jean-Pierre Sylvestre affirme : « Mais jamais – au Grand Jamais – je n’ai été attaqué, ni même agressé par des épaulards alors que je peux me permettre de dire que j’ai passé des centaines d’heures avec ces Cétacés sur le terrain ». Peu de cas d’agressions sont recensés. L’auteur souligne néanmoins la nécessité de s’en méfier. Relation à travers le whale watching enfin. Cette « observation des baleines » développée depuis les années 1970, est devenue une véritable industrie écotouristique, au risque de menacer les groupes de cétacés… mais contribuant parallèlement à modifier le regard des gens sur l’orque.


De Pakicetus à Keiko, interprète de Willy, l’orque a parcouru bien du chemin. Tant sur le plan anatomique que dans l’esprit des hommes. De quadrupède à fourrure en attraction animalière, Jean-Pierre Sylvestre explore l’orque, ses origines, son anatomie, son mode de vie et sa relation avec l’être humain. Il s’engage parfois dans des chemins de traverses qui permettent d’appréhender l’animal sous des angles différents : ses représentation artistiques et symboliques, l’histoire de sa découverte mais aussi ses évocations dans la littérature et au cinéma. Et les légendes amérindiennes parsèment l’ouvrage. La culture de l’orque devient quasiment totale.
Rapport Qualité / Prix :
A l’instar du texte, l’iconographie de cet ouvrage est extrêmement fournie, variée et remarquable. Les photographies soulignent justement le titre de l’ouvrage Dans le sillage des orques. S’approcher au plus près de ces nageuses noires et blanches. On observe leurs silhouettes s’inscrire dans les paysages océaniques. Les illustrations expliquent et décrivent. Elles retranscrivent aussi ce qui n’est plus. De nombreux schémas viennent à l’appui du texte et le complètent de façon claire et précise. La documentation et les supports sont variés : bande dessinée, transparents... Des gravures offrent des perspectives historiques (XVIe, XIXe s.) ou géographiques (estampe japonaise).
Public Concerné :
Dans le sillage des orques est un très bel ouvrage. Non seulement à regarder, mais aussi à lire. Complet, instructif, ludique et enrichissant, il intéressera tous les amateurs de la nature et de la faune sauvage.


Les +
+Au fil de la lecture, on partage avec l’auteur son désir de faire partager sa passion et de convaincre de regarder autrement ce mammifère marin. Il tend en effet à faire tomber les préjugés, mais aussi à rendre compte de leur histoire, de leur situation actuelle.
+L’ouvrage est très bien documenté. L’auteur emploie des sources variées, étayant de façon ludique et instructive son discours : le texte scientifique de base est ponctué de récits historiques, de légendes, d’anecdotes. Ils puisent dans la littérature, l’histoire, les mythologies. Les points de vue ainsi multipliés acquièrent un intérêt supplémentaire.
+Au fil de la lecture, on partage avec l’auteur son désir de faire partager sa passion et de convaincre de regarder autrement ce mammifère marin. Il tend en effet à faire tomber les préjugés, mais aussi à rendre compte de leur histoire, de leur situation actuelle.
+La mise en page se révèle tout à fait conforme aux attentes liées à la lecture.


Les -
-Le texte de Jean-Pierre Sylvestre est extrêmement riche, dense et savant. Il présente les caractéristiques du sujet, en explique les causes, les raisons. Il détaille ses propos. Toutefois, pour un néophyte, le langage scientifique (essentiellement dans le premier chapitre) et la taxonomie ne sont pas forcément évidentes et on risque parfois de s’y perdre.


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critique et chronique du livre réalisées par
Anne le 20 aout 2007
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Lecteur
laura le 04 nov 2007 à 21h23 à propos du livre Dans le sillage des orques

Superbe livre sur ce mammifère ami de l'homme et très intelligent... On a envie d'en connaitre plus à leur sujet, peut-être parce qu'il vit dans un monde différent !.... Mais, la chronique est beaucoup trop longue.... En fait, on a l'impression de lire le livre.... Donc, je pense qu'on laisse de côté ce résumé et qu'on préfère ouvrir tout de suite le livre !
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Dans le sillage des orques - livre
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