|
|
Aucun fond de teint ne remplacera une bonne nuit de sommeil et une longue balade à la campagne. Et encore : Les cosmétiques ne sont ni des repas équilibrés, ni des fontaines de Jouvence. Le ton est donné dès les premières lignes : un solide bon sens sera distillé tout au long de ce livre. L’auteur, la journaliste allemande Rita Stiens démarre très fort en analysant l’angoisse de la cellulite et du vieillissement créé par le marketing et la réponse des firmes cosmétiques qui lancent sans cesse de nouveaux produits. Plus c’est inabordable et plus les promesses sont mirobolantes. L’idée qu’un produit cher garantisse son efficacité est ancrée dans nos esprits. Mais est-ce bien le cas ? Et quels effets éventuels peut-on attendre sur notre santé ?
Première surprise, ici, il n’est point question d’ingrédients miracles. Les meilleurs produits de beauté sont encore les fruits et les légumes, et autres aliments frais. D’où une analyse du rôle des vitamines et des oligo-éléments sur la beauté de la peau. Suit un coup de projecteur sur le rôle du soleil et du froid dans le vieillissement de la peau. Si l’on n’en avait pas encore pris conscience voilà qui est fait.
Vient ensuite une analyse de ce qui constitue un bon soin pour le visage. Et là, stupéfaction, ce ne sont pas les principes actifs mis en avant par toutes les firmes de cosmétiques auxquels Rita Stiens s’intéresse de près mais l’excipient. Et pour cause : on lui doit 80% de l’efficacité d’un produit. Une bonne base de produit permet de bien nourrir sa peau en eau et en graisse et de la protéger. Un palmarès des excipients en harmonie avec votre peau vous aidera dans votre choix.
Suit un exposé minutieux des principes actifs utilisés en cosmétologie. Avec un petit passage en revue des hydratants les plus performants : L’acide hyaluronique, l’élastine, les protéines de soie…Et que penser de ces fameux anti oxydants dont on nous bassine à longueur d’année s ?
L’auteur examine les mythes de la cosmétologie actuelle. Sont passés au peigne fin : les liposomes, les substances biotechnologiques et les résultats des mesures. Où l’on apprend avec intérêt qu’une réduction de 22% ou 37% de rides ne fait pas grande différence lorsque l’on sait que 15% d’écart représentent 0,001 mm de moins de profondeur de rides
On découvre que les tensio actifs (les substances lavantes) doivent être aussi doux que possible. Donc pour sauver sa peau, on lira désormais les étiquettes des shampoings : cocoglucoside ou acyl glucomates seront vos nouveaux mots magiques. On fuira les gels douche deux en un et les bains moussant trop dégraissants. On optera plutôt pour la voluptueuse et bénéfique recette de bain homemade aux huiles essentielles.
Anti transpirants classiques ou sels d’aluns ? On en a tous entendu parler mais qui connaît vraiment la différence ?
Les produits solaires closent le chapitre. Que peut on attendre d’un écran solaire ? La morale de l’histoire étant que la meilleure des protections reste un bon T shirt et un chapeau, la crème étant un plus qui ne se suffit pas à lui-même et dont il ne vaut mieux pas abuser. Détail non négligeable : les indices situés au dessus de 20 n’apportent rien de plus.
Et qu’en est-il de ce rouge que l’on applique tous les matins ? Là encore passage en revue des ingrédients qui feront du bien à notre peau. Exit les huiles de paraffine et vive les cires de Carnauba ou de Candelilla.
Infatigable, l’auteur poursuit son investigation par une traque des dangers réels et supposés liés à l’utilisation des cosmétiques. Les parabènes sont-ils dangereux pour la santé ? Existe-t-il des alternatives ?
Moins rigolo mais fort édifiant : le spectre du cancer lié aux produits de beauté. Les arguments des firmes cosmétiques et des scientifiques sont exposés sur une trentaine de pages. Sans être 100% convaincu par l’un des argumentaires, on peut en tous les cas choisir d’éviter certains ingrédients en toute connaissance de cause.
Rita Stiens clôt son livre par un exposé détaillé sur les cosmétiques naturels. Sujet qu’elle a développé depuis dans la vérité sur les cosmétiques naturels.
La philo en est bien séduisante : on devrait juger les cosmétiques sur leur capacité à stimuler les fonctions naturelles de la peau. L’objectif de la cosmétologie naturelle sera donc de maintenir ou de rétablir l’ordre des choses.
Qu’est ce qu’un cosmétique naturel ? Quels sont les différents processus d’extraction des extraits naturels ? D’où viennent les matières premières ? Suit un inventaire des composants naturels les plus utilisés en cosmétologie. C’est très digeste et l’on se réjouit d’apprendre que l’extrait de prêle des prés contient beaucoup d’acide salique qui raffermit la peau et restaure son élasticité. On se sent des ailes pousser. Plus besoin d’acheter à prix d’or le produit miracle vu en page 6 du dernier ELLE. Je choisis une crème avec un excipient de qualité et de l’extrait de prêle des prés et me voilà bien mieux lotie, les parabènes en moins et le porte monnaie bien fourni. Passionnant, le passage sur l’huile d’argan, très en vogue ces jours-ci. Où l’on découvre le rôle écologique et économique de ces forêts d’arganiers situés entre Agadir et Essaouira. Et toujours des recettes que l’on se jure d’essayer : des compresses d’huile de sésame, du jus de concombre et j’en passe. De l’hamamélis à l’arbre à thé en passant par le romarin, on se laisse porter et ravir par ces actifs naturels.
Les composants de A à Z : clou du livre, ce lexique de plus de 1200 composants vous permettra de décrypter les étiquettes et leurs noms barbares. Fonction de l’ingrédient (soin, conservateur…) origine (végétale, chimique…), note écologique. De sympathiques smiley vous donnent le feu vert pour les composants que votre peau va aimer. Trois smiley noirs et grimaçants pour une substance, ça veut dire passez votre chemin. Et maintenant à vos étiquettes et au boulot pour un grand nettoyage de salle de bain.
Surfant sur la vague du naturel, j’avais déjà tendance à choisir des produits bios certifiés par le label ecocert. Ce livre m’a confortée dans ma démarche. C’est en toute connaissance de cause que je peux sélectionner un produit en fonction de son excipient et de ses principes actifs. Me voilà libre comme l’air, émancipée des argumentaires et autres promesses publicitaires. Un nombre réduit de produits dans ma salle de bain pour une meilleure qualité et moins d’argent dépensé, j’ y ai gagné sur toute la ligne.
Très bien documentée, la journaliste Rita Stiens sait rendre le côté scientifique de la question accessible et digeste.
De petits encadrés qui reviennent tout au long du livre permettent aux pressés qui désirent lire le livre en diagonale de glaner une foultitude d’infos pratiques. Par exemple, pour que le corps puisse fixer le bêta carotène, il faut manger des carottes cuites avec un filet d’huile d’olive.
Avec des passages en gras qui fourmillent de 1001 précisions et des titres et sous-titres clairs, la relecture ou la recherche d’un élément oublié deviennent un jeu d’enfant.
La mise en page est efficace quoique un peu austère.










AUTEUR | REDACTEUR |
LECTEUR | EDITEUR |