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En cas d’amour est l’exploration des pathologies amoureuses. L’auteur nous donne accès à la mécanique de certains comportements, comme la répétition, et les dissèque : l’amour dans le couple, l’amour parental, la rencontre et la rupture.
Un jour, une patiente lui dit : « Je voudrais que vous me débarrassiez de l’amour ». L’analyste nous confie : « Mais qu’imaginait-elle… qu’elle ne serait pas clouée comme les autres à la dépendance de l’amour, ses convulsions de parturiente, sa mauvaise foi, ses accès de jalousie accablants, son instinct de possession animal, sa loi du plus fort, son idiotie ? »
Force est de constater que pour la plupart, malgré l’apparente variété des expériences amoureuses, les motifs de l’échec sont les mêmes. L’auteur s’appuie sur des fondamentaux pour développer ses théories. Ses références sont toutes psychanalytiques ou philosophiques. La philosophie, par l’intermédiaire de Kierkegaard, illustre la répétition ainsi : « La répétition, loin d’être une réplique à l’identique, exprime une singularité contre le général, et, dans l’ordre temporel, la fracture du discontinu contre la permanence », défendant l’idée que la répétition ne peut être vécue librement que spirituellement. Mais la répétition est difficilement démasquable. Elle ne se fait jamais ouvertement. Cela serait trop simple… Il faut souvent la traquer jusque dans son contraire. Il suffit généralement de trouver le lien qui les unit.
« La répétition est une légitimation. Vous répétez ce que vous avez surtout voulu fuir, ce qui vous a fait souffrir, mais pourquoi ? Pour en quelque sorte pardonner.
Légitimer après coup une souffrance passée. Personne n’est coupable, ni vous ni eux, ils n’auraient pas pu faire autrement, la vie est ainsi. »
« L’idée que ceux qui nous ont engendrés sont indifférents voire franchement hostiles à notre existence, est simplement inenvisageable et lorsqu’elle s’insinue quand même, c’est tout le corps psychique qui se gangrène, et il devient essentiel de s’inventer à tout prix du sens, de l’exigence, pour ne pas disparaître. Il nous faut alors garder le secret. Le secret sur cette indifférence, cette maltraitance. Jouer la comédie de l’amour, des sentiments, et faire taire celui qui pleure, au-dedans. »
La rencontre amoureuse est unique, et difficilement explicable, sous peine de la dénaturer. La rupture amoureuse, quant à elle, est une « dé-rencontre ». Dans ce sens, il s’agit même d’une nouvelle rencontre : on va vers l’inconnu. Lorsque l’on est quitté, on doit affronter une réalité bien plus violente que l’amour lui-même. « C’est celui qui s’en va qui emporte la mise. Ce avec quoi il s’en va, c’est une grande partie du corps de l’autre, de sa tête, de son corps, de sa vie même ».
Perverse, la jalousie est principalement amenée par le sentiment de trahison (trahison elle même ravivée par d’anciens sentiments qui remontent à l’enfance). Elle empêche d’éprouver le bonheur car l’on craint trop de perdre l’être aimé. « C’est de vouloir s’entre-appartenir qui fait la douleur. » « Contrairement aux idées reçues, on n’est pas nécessairement de structure jalouse. On a tous la jalousie en nous, tapie et qui ne demande qu’à se réveiller. » Elle est dévastatrice et très ambiguë, car le jaloux veut-il vraiment savoir ? Et l’objet de la jalousie veut-il vraiment se dérober ? À nouveau, la jalousie n’arrive pas par hasard. Il faut remonter à la naissance, au moment où la déchirure, la séparation d’avec la mère est si brutale qu’il faudra beaucoup d’amour et de paroles pour passer le cap. Le cas échéant, la perte de l’être aimé est alors « intolérable, car elle nous laisse avec une morsure du réel permanente, inapaisable. Que la jalousie, un jour ou l’autre, va réveiller. »
« On voudrait pouvoir aimer toujours et que le désir, comme une âme complaisante, nous soutienne une vie entière dans cette ferveur. Mais au désir il faudra du manque et de l’absence, de l’imagination et du fracas, de la peau, de la honte, de l’excitation, de la jalousie aussi et ne jamais oublier que l’autre n’est pas à soi, jamais prenable, jamais tout à fait là. » : La clé se trouverait-elle dans la complexité ?
Ce manuel est très riche et chacun pourra y puiser son « essentiel ».
Le lecteur a parfois l’impression que l’auteur « s’éparpille » dans ses réflexions.










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