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Tour à tour anorexique et boulimique pendant 13 ans, Vittoria a décidé d’entreprendre une thérapie. Un processus de reconstruction qui va prendre du temps, pas moins de trois ans, mais dont elle ressortira grandie, sereine et confiante. Une belle invitation à l’espoir pour toutes les personnes touchées par les TCA et leurs proches.
« Tu pourrais manger quand même, fais un effort ! T’as vu comment t’es maigre ? Un fil de fer, je te dis ! T’as pas honte ? » Des commentaires railleurs, des regards assassins, les anorexiques en connaissent toutes. Mais généralement, cela leur passe bien au-dessus, la maladie étant avant tout mentale. Plus forte est, en effet, l’obsession de la maigreur, cette peur de grossir, de prendre ne serait-ce un gramme si tel aliment est avalé, si tel autre n’est pas dépensé. Une peur qui finit par bousiller sa propre vie, une obsession qui rend folle, et un vide, un vide que rien ne semble pouvoir combler. Toujours plus maigre, un désir férocement voulu, et en même temps une lutte incessante contre soi-même. Un esprit toujours en guerre, jamais satisfait de ces dizaines de kilos déjà perdus.Toujours plus, tel est le leitmotiv répété encore et encore. Toujours plus attirer l’attention, mais sans pour autant se mêler aux autres. Rester seule, tout en se dépensant énormément au niveau physique comme intellectuel.
Dominée par l’anorexie, la vie de Vittoria la mène à la dépression profonde et, pour finir, à un désir de mort. Puis, d’un jour à l’autre, cette anorexie se meut en boulimie. Dès lors, le cheminement inverse s’opère. Alors que plus aucun aliment ne pouvait passer par la bouche de la malade, l’obsession de la maigreur durant l’anorexie devient l’obsession de la nourriture. Gavage et purification, un cercle vicieux qui est encore loin de combler ce trouble existentiel et tellement permanent. Là encore, il faut éviter les autres, il faut se cacher, la vie devient un véritable enfer, un chaos total, où ni le corps ni l’esprit ne se reconnaissent. Et le vide est toujours là… La peur toujours présente. La solution ? Vittoria préconise la thérapie et elle se raconte.
Travail psychologique sur soi, sur son passé, son enfance, son présent, sa famille, son travail, son esprit, ses rapports à soi-même, aux autres... Un travail long et fastidieux qui demande du temps, de l’énergie, de la volonté et qui, même une fois les séances avec le psy terminées, est bien loin d’être fini. Encore et toujours du temps et, après une transition de la vie enfin prise en main à la renaissance, les années passent mais la force et la confiance en soi grandissent également. La guérison entrevoit ainsi le début de sa lumière, jusqu’à la libération totale, la délivrance de cet emprisonnement dans les troubles du comportement alimentaire. Au sortir, Vittoria découvre une nouvelle personne, en elle : une femme. Une femme dont le corps est devenu son « partenaire ». Un partenaire qu’elle écoute, qu’elle cajole et qu’elle apprend à accepter… et à aimer.
Cette histoire, racontée ici brièvement, c’est celle de Vittoria, aujourd’hui guérie, mais qui a connu une grande période de sa vie chahutée, balancée d’un côté et de l’autre de la balance - instrument de torture qui donne son verdict quotidien. À travers ce livre témoignage, Vittoria souhaite s’adresser à toutes les personnes touchées par ces maux, afin de les aider à mieux comprendre la complexité de leur maladie, les déculpabiliser et leur donner l’exemple d’une guérison ; ainsi qu’aux parents ou proches, pour leur expliquer les déchirements qu’endurent les anorexiques ou boulimiques, leur faire part de leur rôle éventuel et, par là même, leur laisser entrevoir le soutien qu’ils peuvent apporter.
Une écriture sincère, qui expose les faits et les approfondit. Vittoria nous livre sa lutte incessante contre les TCA pendant toutes ces années, et nous fait ainsi mesurer l’ampleur d’une telle maladie, pour soi-même et pour les proches.
Tout au long du livre, quelques dessins exagérés illustrent les différents chapitres, nous révélant la lutte s’opérant dans l’esprit de la malade et la déformation que celle-ci a de son corps.
Sur tous les bas de pages, des fleurs de lotus. La fleur de lotus, nous enseigne l’auteure, est « le symbole de l’aspiration à la pureté. Or, bien que née en eau trouble, elle s’épanouit au soleil en émergeant de l’eau sans se mouiller, symbole du détachement. Dès lors, tout être humain peut accéder à l’éveil, quels que soient sa condition et son passé, s’il accepte enfin de se connaître lui-même et de se remettre en question. »
Un témoignage évidemment essentiel pour toutes les personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire, pour les aider à comprendre, les déculpabiliser et leur donner l’exemple d’une guérison. Quant aux proches, l’intérêt est grand également, pour informer, expliq










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