La nouvelle série de la collection Shogun Shonen apporte une certaine nouveauté dans le genre du manga. D’une part parce qu’il plaît par sa singularité mêlée à un certain pittoresque. D’autre part parce qu’il s’agit d’une multiplication de parodies en tous genres. Kalon et Karos semblent sans aucun doute vouloir se démarquer de l’univers classique du manga. Le simple fait de présenter le livre dans le sens normal (entendons par là à l’occidentale et non à l’orientale comme le veut la tradition pour les mangas) le prouve.
Vous voici transporté dans le monde d’une école de commerce. Nicolas qui vit au fin fond de la campagne, se voit envoyé à Paris afin d’apprendre le savoir nécessaire pour sauver les exploitations viticoles de sa famille, promises à la faillite. Malheureusement, ou heureusement, il est pris à l’INC (Institut National de Commerce dont les associations sont multiples et obligatoires. La plus puissante étant INC’Ciné, Nico se retrouve, lui dans la plus « loose », PTT’INC. Bien que simple d’esprit et assez naïf, il va pourtant révéler une autre personnalité, celle qui se cache au fond de lui et s’éveille lorsqu’il est en proie à une intense émotion, généralement de la colère… Pour l’heure a commencé le week-end d’intégration, connu pour ses beuveries à n’en plus finir.
L’humour est bel et bien la marque de fabrique de ce manga « à la française » Dans leur quête de la parodie, les auteurs semblent avoir mis un point d’honneur à pasticher tout ce qui se trouve de nos jours en matière d’audio, de visuel et de lecture. Ainsi, Matrix, Guy Marchand et sa chanson Destinés, les séries Lost, Heroes, Superman, Urgence, 300, mais aussi Dragon Ball Z, Hokuto no Ken, Jeanne et Serge (et un nombre incalculable d’autres références) inondent le volume 2. De même que chaque titre de chapitre réfère à un film culte ou presque. Bien que cet amoncellement de références puisse être appréciable dans un premier temps, il faut craindre d’en être lassé si cela doit persister, ou d’en attendre toujours plus et risquer d’être déçu. Ce qui est déjà le cas en ce qui concerne le graphisme, car force est de constater une banalité évidente dans le coup de crayon qui semble par ailleurs, parfois trop sobre, voire un tantinet morne, créant un certain paradoxe avec le scénario.
Cependant, le scénario, avec l’école de commerce mise comme schéma décoratif, surprend par son originalité et sa rareté. De plus, Love INC présente, de manière certes comique, un schéma du système politique bien réel. La guerre que poursuivent les associations, dont INC’Ciné trône au sommet de la hiérarchie, les différents gangs qui, agissant dans l’ombre, ont pourtant une part bien active dans cette guerre. Enfin si vous avez la fâcheuse tendance de deviner la suite et fin des histoires, la série se fera un plaisir de tromper vos prévisions, mettant un terme aux spéculations des présomptueux trop confiants en leur intuition.
La série, bien que décevante graphiquement, se targue d’une originalité et d’un côté « déjanté » indiscutable, peu communs dans l’univers du manga. La sauce française dans le domaine nippon ? A suivre de près…
Le texte est travaillé et mérite une attention particulière si l’on veut pouvoir suivre le déroulement de l’histoire.
Le choix d’une école de commerce choisi comme fond confère au scénario un intérêt particulier, dans la mesure où il actualise le genre manga, transposant en vignettes la vie étudiante.
Les couvertures sont travaillées et laissent deviner le ton humoristique du contenu.
Le graphisme est assez fade. Sauf lorsqu’il s’agit de parodier.










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